L'obésité est définie comme une accumulation excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. En France, le diagnostic repose principalement sur l'Indice de Masse Corporelle (IMC), calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres au carré. Un IMC supérieur à 30 kg/m² caractérise l'obésité, tandis qu'un IMC entre 25 et 29,9 kg/m² indique un surpoids. Cette classification, recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé, permet aux professionnels de santé d'évaluer les risques associés à l'excès de poids.
L'obésité résulte d'une interaction complexe entre plusieurs facteurs. La prédisposition génétique joue un rôle important, avec certains gènes influençant le métabolisme et la régulation de l'appétit. Le mode de vie moderne contribue significativement au développement de l'obésité : alimentation riche en calories, portions importantes, sédentarité et stress chronique. L'environnement socio-économique influence également les choix alimentaires, avec un accès parfois limité aux aliments sains et aux activités physiques, particulièrement dans certaines régions de France.
Les professionnels de santé distinguent plusieurs classifications de l'obésité selon sa sévérité et sa répartition. L'obésité de classe I (IMC 30-34,9), de classe II (IMC 35-39,9) et de classe III ou obésité morbide (IMC ≥ 40) présentent des risques croissants pour la santé. La répartition des graisses est également cruciale : l'obésité abdominale (androïde) est plus dangereuse que l'obésité périphérique (gynoïde), car elle augmente davantage les risques cardiovasculaires et métaboliques.
L'obésité constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses pathologies chroniques. Les complications les plus fréquentes incluent :
La prise en charge de l'obésité en France débute par une consultation médicale approfondie avec le médecin traitant. Cette évaluation initiale comprend l'anamnèse détaillée des habitudes alimentaires, de l'activité physique, des antécédents familiaux et personnels, ainsi que l'identification des facteurs déclenchants. Le professionnel de santé procède à un examen clinique complet incluant la mesure du poids, de la taille, du tour de taille et de la tension artérielle. Cette première étape permet d'établir le diagnostic d'obésité et d'orienter la stratégie thérapeutique adaptée.
Selon l'évaluation clinique, différents examens biologiques peuvent être prescrits pour évaluer les complications métaboliques. Le bilan standard comprend généralement la glycémie à jeun, le bilan lipidique complet, les enzymes hépatiques et la fonction rénale. Des examens spécialisés comme l'exploration fonctionnelle respiratoire, l'électrocardiogramme ou l'échographie abdominale peuvent être nécessaires selon les symptômes présents. Ces analyses permettent d'identifier précocement les complications et d'adapter le traitement en conséquence.
L'évaluation des complications liées à l'obésité nécessite une approche multidisciplinaire. Le dépistage du syndrome métabolique, caractérisé par l'association de plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire, est prioritaire. L'évaluation psychologique peut révéler des troubles du comportement alimentaire ou une dépression associée. L'examen des articulations permet de détecter une arthrose précoce, tandis que l'évaluation du sommeil peut identifier une apnée obstructive nécessitant une prise en charge spécialisée.
Le suivi médical régulier constitue un élément fondamental dans la prise en charge de l'obésité. Les consultations permettent de surveiller l'évolution du poids, d'ajuster les recommandations nutritionnelles et d'activité physique, et de dépister précocement les complications. En France, ce suivi peut impliquer différents professionnels : médecin traitant, diététicien, psychologue et parfois endocrinologue ou chirurgien selon la sévérité. La fréquence des consultations varie selon les besoins individuels, généralement mensuelle en phase de perte de poids puis trimestrielle en phase de stabilisation.
L'orlistat, commercialisé sous les noms Xenical (120 mg) et Alli (60 mg), constitue le principal traitement médicamenteux contre l'obésité disponible en France. Ce médicament agit en inhibant les lipases pancréatiques et gastriques, réduisant ainsi l'absorption des graisses alimentaires d'environ 30%. La posologie recommandée est d'une gélule à prendre avec chaque repas principal contenant des lipides, sans dépasser trois prises par jour.
La prescription d'orlistat est strictement encadrée en France. Elle nécessite un IMC supérieur à 30 kg/m² ou supérieur à 28 kg/m² en présence de facteurs de risque. Les contre-indications incluent les troubles de l'absorption, la cholestase chronique et l'allaitement. Une surveillance médicale régulière s'impose, notamment pour contrôler les vitamines liposolubles et la fonction hépatique.
L'approche nutritionnelle constitue le pilier fondamental du traitement de l'obésité. Elle repose sur une réduction calorique progressive et adaptée, privilégiant les aliments à faible densité énergétique. Les régimes restrictifs drastiques sont déconseillés au profit d'une rééducation alimentaire durable, incluant la régulation des portions et la modification des habitudes de consommation.
L'activité physique doit être progressive et adaptée aux capacités individuelles, débutant par 150 minutes d'exercice modéré par semaine. Le soutien psychologique s'avère essentiel pour identifier les comportements alimentaires problématiques et développer des stratégies d'adaptation. Les thérapies cognitivo-comportementales montrent une efficacité particulière dans la gestion des troubles du comportement alimentaire.
La chirurgie bariatrique est indiquée pour les patients présentant une obésité sévère lorsque les approches médicales conventionnelles ont échoué. En France, les critères d'éligibilité incluent un IMC supérieur à 40 kg/m² ou un IMC supérieur à 35 kg/m² associé à des comorbidités significatives comme le diabète de type 2, l'hypertension artérielle ou l'apnée du sommeil. Le patient doit être âgé de 18 à 60 ans, avoir suivi un traitement médical bien conduit pendant au moins six mois et présenter une compréhension des risques et bénéfices de l'intervention.
Plusieurs techniques chirurgicales sont disponibles selon le profil du patient. La sleeve gastrectomie consiste en l'ablation d'une grande partie de l'estomac, réduisant sa capacité à environ 100-150 ml. Le bypass gastrique crée une petite poche gastrique reliée directement à l'intestin grêle, limitant l'absorption des nutriments. L'anneau gastrique ajustable, moins pratiqué aujourd'hui, place un anneau autour de la partie supérieure de l'estomac pour limiter l'ingestion alimentaire.
La préparation nécessite une évaluation multidisciplinaire incluant consultations nutritionnelles, psychologiques et cardiologiques. Un bilan sanguin complet et des examens d'imagerie sont réalisés. Après l'intervention, le suivi comprend des consultations régulières avec l'équipe chirurgicale, un nutritionniste et un psychologue. La réalimentation se fait progressivement selon un protocole strict, débutant par des liquides puis évoluant vers une alimentation solide adaptée.
La perte de poids attendue varie selon la technique, généralement entre 60 à 80% de l'excès de poids dans les deux premières années. Les complications précoces peuvent inclure infections, hémorragies ou fuites anastomotiques. À long terme, des carences nutritionnelles, reflux gastro-œsophagien ou dilatation de la poche gastrique peuvent survenir, nécessitant une surveillance médicale rigoureuse.
Le maintien du poids perdu nécessite l'adoption de stratégies comportementales durables. Il est essentiel de maintenir un déficit calorique modéré, de pratiquer une activité physique régulière et de développer une relation saine avec l'alimentation. La tenue d'un journal alimentaire, la planification des repas et l'identification des déclencheurs émotionnels de la prise alimentaire constituent des outils efficaces pour prévenir la reprise pondérale.
Une hygiène de vie optimale repose sur plusieurs piliers fondamentaux. L'alimentation doit rester équilibrée avec des portions contrôlées, privilégiant les aliments non transformés et limitant les sucres rapides. Le sommeil de qualité, d'une durée de 7 à 9 heures par nuit, joue un rôle crucial dans la régulation hormonale et le contrôle de l'appétit. La gestion du stress par des techniques de relaxation ou de méditation contribue également au maintien d'un poids stable.
Un suivi médical régulier permet de détecter précocement toute reprise de poids ou complication. Les consultations nutritionnelles trimestrielles puis semestrielles aident à adapter l'alimentation selon l'évolution du patient. Des bilans biologiques annuels surveillent les paramètres métaboliques et les éventuelles carences. Ce suivi multidisciplinaire implique médecin traitant, endocrinologue, nutritionniste et parfois psychologue.
Plusieurs organismes accompagnent les personnes en situation d'obésité en France :
L'intégration de nouvelles habitudes dans la routine quotidienne facilite le maintien des résultats. Privilégier les escaliers à l'ascenseur, stationner plus loin de sa destination, ou descendre un arrêt de transport en commun plus tôt augmente l'activité physique quotidienne. En cuisine, utiliser des assiettes plus petites, manger lentement et s'arrêter dès la sensation de satiété aide à contrôler les portions. Prévoir des collations saines et éviter les achats alimentaires impulsifs constituent également des stratégies efficaces au quotidien.